Asakusa, 23 mars, 10h

C'est ce matin que Yuka me rejoint. Ça a été difficile de se donner rendez-vous, car au Japon, le SMS n'est pas utilisé (il peuvent en recevoir, mais je ne sais pas s'il peuvent en envoyer). Toujours est-il que c'était pour moi le moyen le plus simple d'envoyer un message à Yuka. Cependant, Yuka de son coté a l'air de préférer les emails, qu'elle peut envoyer directement depuis son téléphone portable, mais qui ne me sont accessible que par Internet, c'est à dire sur les ordinateurs de l'hôtel (heureusement à 100 Â¥ le quart d'heure, soit 3,2 € de l'heure). C'est ainsi que je n'ai su son heure d'arrivée que ce matin au petit déjeuner.

Arrivé à la gare, ça n'a pas été simple non plus. La gare d'Asakusa regroupe en fait trois stations correspondant à trois lignes de métro différentes, et beaucoup trop de sorties pour moi :) Il m'a au final fallut une demi heure pour retrouver Yuka !!

Après être repassés à l'hôtel pour que Yuka récupère la carte d'accès à sa chambre et pose sa valise, nous sommes partis direction Mitaka pour visiter le musée Ghibli ("djibuli" comme dit Yuka, ce qui doit être plus vrai que notre traduction occidentale ;) Le musée est situé en banlieue de Tokyo, à 3/4 d'heure du centre, au cœur d'une petite forêt.

Sur le trajet, j'ai découvert que prendre le métro à Tokyo n'est pas si simple. Grâce à mon PASMO, je me suis un peu facilité la tâche. En réalité, le voyageur doit calculer le montant du ticket qu'il doit acheter pour se rendre à destination. Pour cela de grandes cartes du métro sont affichées dans chaque gare, indiquant le montant du ticket. Malheureusement les noms des stations sur ces cartes ne sont qu'en Japonais, et même en sachant lire le Japonais il faut retrouver sa destination. Et ça se complique si le trajet nécessite de prendre des lignes gérées par des compagnies différentes (nombreuses à Tokyo).

Mitaka, 15h

Le musée Ghibli, en hommage au studio de cinéma du même nom, n'autorise malheureusement pas les photos. Vous devrez donc aller le voir vous-même (je crois qu'il y a un documentaire vidéo qui en montre quelques plans). Je vais quand même vous raconter ce que j'y ai vu.

A l'entrée du musée, une grosse peluche Totoro est cachée derrière son comptoir à distribuer les tickets (enfin il devrait mais ce n'est qu'une peluche hein ;). On descend ensuite un escalier pour entrer au cœur du musée, un grand hall duquel partent escaliers droits et en colimaçon, ascenseurs, couloirs et portes. Ce musée a été conçu pour les enfants autant que pour les adultes. Il n'y a en effet pas un chemin défini pour visiter ce musée, mais plein de petits passages à hauteur des enfants, qui mène vers une pièce ou une autre. Le tout dans des couleurs chatoyantes.

La principale attraction c'est son petit cinéma qui projette des courts-métrages réalisés par le studio Ghibli spécialement pour le musée. Il y en a plusieurs, mais on ne peut malheureusement en voir qu'un seul, grâce à un petit ticket contenant un morceau de pellicule d'un de leurs chefs d'œuvres. Le film du jour était très beau. C'est l'histoire d'un petit garçon qui fait pousser une petite planète dans un pot comme une plante verte. Le tout en Japonais non sous-titré, mais avec l'aide de Yuka j'ai à peu près tout compris (note à moi-même : apprendre le Japonais un de ces jours).

Dans une autre pièce, un chat-bus géant ("neko-basu") fait la joie des enfants, de moins de 12 ans :( De cette pièce, on peut accéder au toit du musée, où se dresse un des robots du château dans le ciel, accompagné par la pierre magique permettant de contrôler tout le château.

Ailleurs on retrouve l'environnement de travail des dessinateurs, avec les recherches effectuées pour créer l'univers de leurs dessins animés (ils sont même venus en France visiter des petites villes de l'est, Alsace ou Lorraine). On y apprend aussi le fonctionnement cinéma et plus particulièrement les animations, qui sont ici réalisées entièrement à la main. C'est ce qui rend à mes yeux les "Ghiblis" si beaux, à l'opposée des nouveaux Disney tout en 3D dont le seul intérêt est le coté humoristique. Yuka était passionnée par toute cette technologie et mes commentaires avertis qui l'accompagnaient dans sa découverte de la réalisation des films d'animation.

Un repas léger à la cafette du musée et un petit tour du propriétaire pour vérifier que nous avions tout bien vu, et c'était l'heure de faire mes adieux à ce si joli musée (et intéressant en plus).

Roppongi, 17h
Après le musée, Yuka m'a proposé d'aller visiter le quartier de Roppongi. Il s'agit d'un des quartiers d'affaire de Tokyo, l'équivalent de la Défense pour les Parisiens. C'est aussi là-bas qu'on peut trouver une des plus hautes tours de la capitale, la Roppongi Hills Mori Tower, qui accueille le Mori Art Muséum et le Tokyo City View, qui offre une vue panoramique sur la ville. Nous y sommes arrivée vers 17h, peu avant le coucher du soleil.

Le problème du Japon, comme son nom Japonais l'indique, c'est le pays du soleil levant, pas du soleil couchant… Ce n'est pas aussi joli qu'en Bretagne, en plus il faisait un peu gris. Mais je n'ai pas tout perdu, Tokyo est magnifique de nuit, avec toutes ses lumières. J'ai passé la moitié de mon temps à prendre des photos (de la Tokyo Tower, réplique en plus grand de la tour Eiffel et des différents quartiers illuminés de Tokyo) depuis la vue panoramique du 54ème étage, au grand désespoir de Yuka qui patientait à mes cotés. Mais elle s'est bien rattrapée par la suite en explorant de fond en comble les trois boutiques de souvenir du musée :)

Quand nous sommes sortis de l'immeuble, il commençait à faire faim, et il faisait en plus un froid de canard. Après une sortie gratuite à l'extérieur jusqu'au métro, le temps de décider où nous irions manger, nous sommes retournés dans la Mori Tower direction un restaurant traditionnel, mais plutôt chic du quartier. Je crois que c'est l'un des meilleurs repas de la semaine. J'ai fait confiance à Yuka pour le choix des plats, car la carte anglaise, sans images, ne m'aidait pas beaucoup plus que la carte Japonaise.

Au Japon, le repas n'est pas vraiment constitué d'une entrée, d'un plat et d'un dessert comme en France, mais de plusieurs petits plats. Nous avons ainsi commencé par une petite salade verte avec des radis et des "jako". Le terme m'a beaucoup fait rire, car ma première idée m'amenait à l'écrire "jacquot", en référence à notre ancien président, mais les "chirimen-jako" ou "shirasu" sont en fait des tout petits poissons frits ou séchés au soleil.

Avec cela, des sashimis (honte à moi je ne me souviens plus du nom du poisson) et du porc caramélisé (laqué ?) accompagné d'un navet qui semblait avoir subit le même sort. D'habitude je ne suis pas un grand fan des navets, je trouve ça amer. Mais préparé de cette façon, c'est-à-dire probablement mariné dans une sauce soja sucrée puis cuit, c'était délicieux.

Le plat "principal", c'était un gros poisson grillé avec une sauce sucrée (comprenez que la sauce était là avant le passage du poisson au four). Ce n'est pas très pratique de découper le poisson avec les baguettes, mais c'était bon (en fait tout était bon ce soir là).

Et cerise sur le gâteau, le dessert. Rien de très compliqué, mais très innovant : de la glace vanille recouverte de feuilles de barbe à papa. Une petite tasse de thé vert, si concentré qu'il en est crémeux, est apportée avec le plat, et lorsqu'on verse le thé sur la barbe à papa, cette dernière fond pour se mélanger au thé. L'association des trois (avec la glace vanille) est très réussie. Bon et en fait c'était pas mon dessert mais celui de Yuka. J'avais pour ma part commandé un genre de crème caramel, mais au lieu d'être faite à base d'œuf, c'est du tofu qui donnait à la crème sa consistance. Très bon aussi, et ça a l'avantage d'être plus léger que la crème aux œufs.

Après un telle journée, nous n'avions qu'une envie : retrouver nos lits respectifs à l'hôtel. Bonne nuit et à bientôt pour de nouvelles aventures. Vous pouvez aussi voir d'autres photos en cliquant sur le lien "Photos" au dessus de la photo aléatoire