Tokyo, 12h, 21 mars
Ce matin je me suis levé tôt, malgré que ce soit les vacances, mais c'était pour une bonne raison. Avec mes colocataires Ron et Marc (l'Espagnol) et Kana, une de leurs amies Japonaises, nous sommes allés au marché aux poissons de Tsukiji. C'est un marché de plusieurs centaines d'exposants, comparable aux halles de Rungis, mais uniquement pour les poissons, coquillages et crustacés.

C'est assez dangereux comme endroit car des chariots circulent à toute vitesse dans les allées pour transporter le poisson des producteurs aux acheteurs. Il faut faire attention mais c'est difficile rester concentre devant le spectacle des centaines de variétés de poissons. Il y a de tout : pour les poissons on trouve saumon, rouget, sardines, anguilles, calamars, poulpes, jusqu'au thon entier !! J'ai assiste a la découpe d'un gros morceau de thon (je n'en ai pas trouve d'entier en train d'être découpé), c'est impressionnant. Les poissonniers sont équipés de couteaux qui mesurent jusqu'a 1,5 mètres.

Cote coquillage, on ne s'ennuie pas non plus. Ici les huîtres font 15cm et les bulots sont 5 fois plus gros qu'en France. J'ai vu des espèces que je ne connaissais pas, et même une sorte de chenille de la mer.

Dans tous les cas le poisson est plus que frais. J'ai vu des calamars de 20cm nager dans leur bac en polystyrène, et ailleurs un poissonnier incisait la tête et la queue d'un poisson encore vivant pour qu'il se vide de son sang. Ca reste malgré tout très propre et a l'entrée du marche on trouve des fournisseurs de glace qui vendent des blocs de glaces de 50cm qui sont ensuite piles par une machine pour être utilisés dans les étals.

Apres cette visite, Kana nous a emmenés dans un restaurant de sushi de sa connaissance pour déguster du poisson frais. Nous avons commande plusieurs plateaux de sashimi que nous nous sommes partages, et je n'ai pas résisté a l'envie de goûter le fameux thon gras : l'"o-toro".

J'aimais bien les sashimis en France, mais je peux vous assurer que ceux que j'ai goûté ce matin n'ont vraiment rien a voir, mais alors rien du tout. Le poisson y est beaucoup plus fondant, c'est un régal pour la langue et le palais. Je ne sais pas exactement a quoi j'ai goûté. Il y avait un morceau de "chu-toro", du thon mi-gras (la qualité en dessous de l'o-toro), un morceau de calamar (le cône, qui se dit "ika") , toujours plus tendre que ceux disponibles en France, des crevettes ("ebi") d'une espèce différente des bouquets Bretons, légèrement transparentes, des œufs de saumon et de l'oursin ("uni"). Sublime.

Kana m'a aussi laisse goûter l'oeil de poisson dans la soupe qu'elle avait choisie. Oui parce que dans le poisson, les parties préférées des Japonais (en dehors de l'o-toro qui est presque considéré comme un produit de luxe) sont les yeux et les oeufs. Un oeuf de poisson c'est quand même assez bizarre. C'est mou autour et il y a comme un cartilage à l'intérieur. Ce n'est pas mauvais en soit, mais ça n'a pas un goût formidable non plus.
Au final, on en a eu pour un peu plus de 1600円 par personne, soit environ 15 €. Un peu cher, mais ça les valait carrément.

En parlant de prix, voici la réponse a la question du dernier article : 880円, soit 7 € pour un repas compose d'un bol de riz, d'une sorte d'escalope milanaise et d'un bouillon avec udon (nouilles) et légumes. Je doute que l'on puisse trouver un repas a ce prix en France.

Odaiba, 18h, 21 mars
De retour de Tsujiki et après une petite sieste, j'ai eu envie de manger un morceau au bord de l'eau. Je rêvais de voir la mer, mais Tokyo ne donne pas directement sur l'océan, seulement sur la baie de Tokyo. J'ai donc choisi d'aller à Odaiba, situé sur une île dans la baie. C'était aussi l'occasion de tester la ligne entièrement automatique de "Yurikamome". Cette ligne de métro aérien passe en plus par dessus le Rainbow Bridge qui enjambe la baie. Techniquement, ça vaut la ligne 14 à Paris, mais la vue vaut le détour.

Odaiba est à la fois un lieu de plaisir et de science. Une partie de l'île concentre en effet les boutiques, parcs d'attraction et même une grande roue de 115m de diamètre. A l'oppose, on trouve le Telecom Center, le musée des sciences et de l'innovation et divers centres de recherche. Entre deux se dresse le musée de la mer, en forme de bateau.

Quand je suis arrive sur place vers 13h, en sachant que mon dernier repas datait de 06h, je n'avais qu'une envie : trouver un restaurant. Mis en appétit par le poisson du matin, j'ai choisi un resto de sushis au quatrième étage du centre commercial, avec vue sur la baie et le Rainbow Bridge. J'ai pris un plat compose de poisson hache sur du riz, avec un oeuf (probablement de caille), le poisson et l'oeuf étant crus. En complément j'ai pris deux sushis : un saumon et un autre dont je ne connais pas de nom, blanc transparent avec un cote légèrement violet rouge. Ce sont deux sushis qu'on trouve couramment dans les restaurants "Japonais" en France, et je voulais faire la comparaison. Ils sont effectivement meilleurs ici. Peut-être plus frais, peut-être une autre façon de les préparer, je ne sais pas. Mais meilleurs (ou alors c'est le goût du Japon).

L'après-midi, j'ai flâné dans les boutiques, les mêmes qu'en Europe, puis je suis allé au musée des sciences. J'avais envie de voir les avancées techniques Japonaises. Au Rez-de-chaussée, il y avait une exposition temporaire organisée conjointement par plusieurs universités, intitulée "Dive into the movie" et qui présentait l'analyse de votre corps par la vidéo. Curieux, je me suis approche de l'une des files d'attente, quand une charmante hôtesse m'a gentiment explique que je devais d'abord obtenir un numéro d'invite. Elle m'a accompagne remplir une fiche nominative pour autorises l'utilisation de mes données corporelles, m'a remis mon ID et m'a mené a la première expérience. Elle était de bonne volonté, mais doubler un film avec les sous-titres en Japonais n'est pas vraiment dans mes compétences. Next!!

Ma charmante hôtesse m'a donc laisse faire la queue à l'expérience suivante. Celle-ci consistait à marcher autour d'une pièce tapissée de vert. Des cameras placées dans les murs filment vos mouvements qui sont ensuite décomposés par ordinateur et analyses. Vous pouvez ainsi savoir si vous marchez plus vite que la moyenne, avec des plus grands pas, en balançant les jambes, le tout de façon équilibrée gauche/droite. Il semblerait que je balance moins les bras que le Japonais moyen :)

Dans expérience suivante, une vidéo était projetée aux quatre cotes d'une pièce. Cette vidéo, m'expliqua mon hôtesse préférée, a été fabriquée avec quatre cameras fixées sur un casque, et d'un jeu de miroirs de façon a filmer a 360 degrés. C'est assez bizarre de se retrouver dans la peau d'un basketteur.

Dernière expérience : l'analyse de la peau. J'ai encore fait l'observation malgré moi de la servitude des Japonais. Mon hôtesse m'ayant alors quitte, un des étudiants organisateurs, qui ne se sentais pas la force de m'expliquer expérience en Anglais, est parti a la recherche de personnes compétentes, qui m'ont ensuite guide tout au long du test. Pour faire simple, deux cameras vidéo filment votre visage éclaire de différentes façons (rayures et bandes, verticales ou horizontales) par un stroboscope. Un logiciel analyse ensuite cette vidéo (sous Ubuntu \o/ ) pour décomposer la structure de votre peau : rugueuse, épaisse, huileuse, etc. Selon ces résultats, sous la couche supérieure de mon épiderme, j'ai une vrai peau de bébé (largement au dessus de la moyenne).

Fin de expérience, j'ai quitte l'expo pour voir, pendant les 20 minutes qui me restaient avant la fermeture du musée, quelques innovations en terme d'interface homme machine (retour de force, sensations tactiles, reconnaissance vidéo).